Après une nuit passée sur notre œuvre composée de futons empilés nous nous réveillons étonnamment bien reposés et sans courbatures. Le couchage n’était peut être pas très conventionnel mais au
final il ne s’avère pas si inconfortable que ça. Heureusement car notre programme est plutôt chargé : temples, temples et encore des temples…
Notre premier temple du jour est le Kiyomizu Dera (pardonnez-moi pour ma mauvaise prononciation), c’est un temple construit sur les hauteurs de Kyoto qui permet d’avoir un
panorama intéressant par beau temps, ce qui est le cas, alors tant mieux.
Sur le chemin nous passons devant une caserne de pompiers où des écoliers suivent une petite formation accélérée de « garde à vous fixe, saluez, gauche… », ils sont plutôt mignons ces petits
japonais, engagez-vous qu’ils disaient.
Ce site se trouve facilement, suivez les touristes et les affiches qui militent pour l’inscription du site aux 7 merveilles du monde moderne (affaire à suivre).
Une fois arrivée sur place une jeune japonaise, étudiante en anglais, se propose de nous guider gratuitement mais en anglais, c’est assez fréquent sur les sites très touristiques. Notre niveau en
anglais et notre soif d’indépendance nous contraignent à refuser poliment, d’autres en profiteront.
La vue depuis la terrasse du temple qui se trouve en hauteur est réellement splendide, on voit tout Kyoto, la fameuse tour de la gare, les toits des nombreux temples de la ville…
La visite est agréable, il fait beau, le soleil fait bien ressortir les couleurs vives du temple, les écoliers courent de partout et on peut même voir des jeunes geshas se promener dans le
jardin. Un petit groupe d'écoliers nous aborde pour nous prendre en photo et nous poser quelques question en anglais, visiblement ça fait partie de leur devoirs pendant la visite, comment
mélanger le plaisir et les cours d’anglais. Les petits japonais aiment bien se faire prendre en photo avec les touristes occidentaux, c’est vrai que l’on est toujours bien accueillis partout où
on peut se rendre.
Deuxième étape le Kōdai-ji, le temple étant moins touristique il est donc moins bien indiqué. A vos boussoles mes amis et la course aux trésors reprend. Premier indice sur notre
chemin nous croisons des « pousse-pousse », courageux ces hommes le terrain et tout sauf plat. Nous marchons au gré de notre instinct et finissons par apercevoir un bouddha géant sortir du ciel
(deuxième indice). Insolation ? Non, temple.
Notre premier temple bouddhiste. A l’entrée on vous donne un bâton d’encens à faire brûler dans un grand encensoir. Le rituel veut que l’on se fasse venir de la fumée sur le visage et les cheveux
il paraîtrait que ça porte bonheur. Ce temple est en vérité le Gokaku Jinia, il est dédié aux victimes de la seconde guerre mondiale sur lesquelles ce bouddha de 24 mètres
veille. Dans plusieurs vitrines il ya a des statuettes identiques alignées (4 761), rien n’est indiqué mais il semble qu’elles symbolisent les enfants morts pendant la guerre (on peut y voir des
peluches).
A la sortie du temple nous trouvons enfin le Kōdai-ji, comme quoi on est fort quand même. Ce temple est connu pour son jardin essentiellement, on peut prendre le temps d’observer
la nature et ces jardins japonais sans rapport avec les nôtres.
Puisque aujourd’hui on a décidé de marcher, on a tout fait à pied pour l’instant, on se dirige gaiement vers le Chemin de la philosophie. Le plus simple est de retourner sur nos
pas pour prendre le métro. A la station de métro, au guichet, l’employé ne veut pas nous vendre de ticket, il nous explique qu’il vaut mieux sortir du métro marcher 5 minutes puis prendre une
autre bouche de métro, là ce sera direct. Pas de problème, marchons. Métro pris nous voici sur le site en question. Le quartier est cossu, avec ses villas de riches Kyotoïtes, on peut toujours
rêver.
Le chemin de la philosophie a un temple à chaque bout d’une allée de 1.5 kilomètre. Le chemin en question a l’air difficile d’accès et vue l’heure qui avance (la nuit tombe quand même à 18H30) on
décide de se rendre directement à l'autre bout du chemin via le bus. A nous le pavillon d’argent Ginkaku-ji, « vive les bus » nous crient nos pieds respectifs. Heureusement la
visite vaut le coup (...de pied), c’est magnifique. Comme souvent on ne peut pas visiter l’intérieur des temples, seuls les jardins sont ouverts aux visiteurs. La première partie du jardin est un
jardin sec, il symbolise le mont Fuji suivi d’une vague. Le tout est fait en graviers, ratissés dans tous les sens, c’est vraiment une prouesse technique (utilisent-ils de la colle Hu-hu pour
faire tenir les cailloux. Il ne faut pas être pressé pour coller grain par grain. Ou alors ils utilisent un pistolet pour pulvériser une colle prise rapide. Ou enfin, ils refont leur jardin tous
les jours ?). La seconde partie est plus verte, c’est un parc avec sa rivière, ses poissons et une petite forêt de bambou.
Avec ce programme assez chargé on n’a pas arrêté de la journée, on est prêt pour le marathon de Paris maintenant (à faire en marchant c’est déjà ça). La fatigue et la faim nous taraudent mais
n’écoutant que notre soif de culture nous partîmes gaiement visiter la gare de Kyoto. C’est une gare moderne toute de verre vêtue, mais j’en ai déjà parlé. Aujourd’hui il y a de plus un concours
de chants, les fous du karaoké finissent toujours par vouloir percer un jour.
Là c’en est trop, on dîne rapidement à la gare et retour à la maison pour préparer nos bagages car demain on va à Miyajima.
A vous la parole